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Poésie et Prose...
All material on this page copyright 2000 Daniel Heikalo.  No part shall be reproduced in any way without the written permission of the owner.
C'est Ça, Notre Patrimoine

C'est l'histoire des enfanteurs
De rabougrissement
Elle se déroule sur papier
Ejecté d'une lucarne
Jugée superflue
En ce quartier palpitant
De trésors d'inexactitude

C'est l'histoire rabougrie
Des dérouleurs de papyrus
Aux esclandres calligraphiées
Dans le désordre
Du manque d'espace

C'est l'ode aux abreuvoirs
Des vagabonds qui perdent la trace
Des flibustiers  escrimeurs
Aux pieds de satin vêtus

C'est la panégyrique
Des vendeuses d'arachides
Et d'arrache-nid d'arachnide

C'est le récits des agissements
Un tant soit peu ahurissants
Des bourgmestres intempestifs
Porteurs de grelots
Et de simagrés

C'est la légende tant aimée
De la mise au rancart
Des pontifications riboflavinées
Des colporteurs d'ennui naturel

C'est l'ordre anti-légume
Catastrophique et périmé
Que l'on mémorise encore
En les périodes d'élection
Et du recensement irrationnel
De toutes les herbes redresse-bitte
Aux promesses d'érections
Sans détour allégorique

 

 
En Attendant

Je t'ai attendue
Comme j'ai attendu
Que les coquelicots moites
Déclament
Leurs tirades dénonciatrices
Des sparages ridicules
Du saltimbanque guenillou

Je t'ai attendue
Comme l'âme soeur du derviche homme-sandwich
Attend qu'il cesse son tourniquet
Pour lire ses réclames
De pâte à dent turque

Je t'ai attendue
En écoutant le clapoti des gouttières
Où flottent les feuilles écrapouties
Et quelques plumes de pigeon
Et de corneille

Et je n'attendrai plus
Que les mondaines décolletées
Couvertes de voiles ébénéens
Viennent me caresser dans le jardin
Où poussent les pois de senteur
Les amélanchiers
Et les trilles grandiflores
Mutantes en quadrille
Où je danserai
Au son du caloriphone
La danse rituelle des virevolteurs campagnards
En une ivresse immense
Avec la jeune kabyle qui dort
A l'ombre d'une clé de marbre
Sous une courtepointe maskinongeoise
Où le soleil n'entre
Qu'en s'infiltrant derrière
Le percolateur insouciant
Qui préparera le café

                                                 Que je boirai avec celle
Que je n'attendrai plus



 
Evènements du jour

Commère sourde
A l'antenne des giroflées

Tangence de toison d'étoiles
Au firmament des trottoirs lubrifiés

Diversion de pingouin

Pinceau de sarcleur d'épinard

Jonction d'autruche
Et de camion turc

Trente-huit cadenas humides
Et la lueur de l'éclosion
Du pavot odorant
Au carefour des empilades
De brûleurs à poils
Brevetés


 
Instructions

Ne déplace pas le range-claques
Ni le cache-bouton
Du morceleur d'halibraptes
Aux ornières de pilastrin vagabond

N'enlève jamais le bonbon au gruau
De son support octaédrique
Ni le gyroscope qui git
Sur le perron portatif
Aux décorations pentagonales
D'argile de verre et de tungstène

Replace toujours au bon endroit
Le juge-poire dépliable
Et les os d'aye-aye
Oubliés par un biologiste des foires
Qui erre près des hangars humides
Lieu secret des baisers tendres
Du polichinelle
Et de la fanfaronne funambule
En crinoline de papier peint

  septembre 96


 
La Longeaie Si Franche Des Amouraches Eperdues

Il fait nuit
C'est une nuit díanicroches
Sous les escaliers vermoulus
Au taffeta écarlate

Et le bilboquet biglobe
Des escogriffes gifleurs d'ennui
Embrasse le manomètre
Du pompier vermeil obèse

C'est ta déesse voilée
Au profil d'amanite panthère
Qu'on a immortalisée
Sur une amphore en plexiglas
Pour embellir
Le carefour aimanté
Qui nous dérouta à jamais
En cette nuit d'incendiement
De copeaux de salsepareille
Vers les basses-cours
Aux pans de mur basse-courtisés
Et les embrassements
Qui n'en finiront plus
Sous les saules et ta courte-pointe
Dans les jardins
Plantés de saxifrage
Qui longent les berges
Du cours d'eau méandreux
Que tu baptisa
Encore enfant

La Longeaie  Si Franche Des Amouraches Eperdues

 1993


 
Méfies-toi

Méfie-toi des promesses riveraines
Des notaires ligures soudoyables
De l'odorat rafiné des sbires
Et des axolotls qu'on oxygéna
Dans le dortoir des paysans bourrus
Que nous laissâmes encarcannés
Dans le hangar aux haricots
Construit sur pilotis
Au bout du quai  de l'horloge
Qui marqua jadis l'heure
Où tu caressa avec extase
Celle qui devint
La devineresse passementière
Des boulevards à portiques
Qui zigzaguent le coeur
De la cité que tu hantes
En ces nuits glauques
De mercure et de sodium
Cherchant les souvenirs évanouis
De ton sourire perdu
Qui naguère charmait
Les vendeuses d'amphiboles
Et les femmes girondes
Aux brassières dégraffées

Depuis ces temps lointains
Ton déclin ne t'a laissé
Que des résidus séchés
De mémoire ratatinée


 
Acte 1  Scene 3

Tintamare de boulingrin
Parmi les statues acéphales
On écrapouti des poubelles beiges
Dans les sentiers herbus
De la montagne contaminée

Torsions de gigolo
Sous une chaise
A l'abri du sirocco hurlant
A l'ombre d'une patère
Pleine de chapeaux mous
En ce salon délabré
Aux murs à zébrures pâles
Dans ton manoir maudit
Sous les fenêtres duquel pousse
La mandragore des archiblettes

  juin 95


 
Activités de Flonquant Jorlet d'Ivoine

Se faire détrotbelir par une étloucte
Bigarrée comme un sofa de manécanterie
Couvert de guimauve lactée

S'humecter la soupape de parures d'ennui
Et prétendre aux synapses
Les plus érotiques

Lui revaudrer cà
Un lundi beige
De noctambulisme caracolant
Et oublier une valise à carreaux
Pleine d'ouvertures d'échec périmées

Aimer les virevoltes épicées
Des amours impossibles
Qui se jouent les matins de caféïsme
Obscurcis des cendres
De forêts calcinées
À des miliers de kilomètres

Embrasser les serrures parfumées
Du légume blette blotti
À l'ombre de parcomètres torsadés
Au blindage inutile

Soudoyer l'aura des soupières
Perdues dans la brume
Des ruelles à funambules
Aux anicroches pleines de mystère

Tarir la source carmine
Des arrêteurs de gamboilpe saouls
Vêtus des plus pures pensées
Des chercheurs de mazout

Embellir les yeux pers
De la mendiante ébahie
En lui retirant ses sanglots
De sans refuge anonyme

En finir une fois pour toute
Avec l'abattement sclérosant
Des pourvoyeurs de l'ignorance officielle
Et oser l'effacement
Des transmutateurs de bonbons-pieuvres
Effectivement anilochés
Pour le gingembrage
Des carnolimoizes
De la rue de Quincampoix


 
Recette

Un peu de clou de girofle
Et de poil de giraffe
Avec un soupçon
De poussière de trottoir!

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